À l’initiative du Réseau Environnement et Droits humains (R-EDH), une rencontre s’est tenue au bureau d’APEM à Kinshasa, le 05 septembre 2025, réunissant des membres de la société civile, des chercheurs et des partenaires techniques pour la projection du documentaire « Green Rush » et la présentation d’une recherche participative menée conjointement par Rainforest Foundation UK (RFUK) et APEM sur le marché carbone en République démocratique du Congo.
La rencontre a permis de présenter les résultats préliminaires d’une étude de terrain sur les projets carbone en RDC, suivie de la projection du documentaire Le Green Rush. Ce film de 30 minutes donne la parole aux communautés affectées dans les provinces de l’Équateur, Maï-Ndombe, Tshopo et Nord-Ubangi, révélant les impacts du marché carbone sur les communautés locales.
Dans le cadre de la phase de restitution du rapport de recherche, Mme Vittoria Moretti, chargée de plaidoyer à la RFUK, a pris la parole pour situer le contexte de l’étude en mettant en lumière les approches méthodologiques utilisées. Elle a mis en évidence l’un des constats majeurs : la multiplication rapide et souvent peu transparente des concessions privées orientées vers le marché du carbone. Elle a également alerté sur le fait que ces initiatives, bien qu’ayant un impact direct sur leurs terres , se développent sans réelle implication des communautés locales dans les processus décisionnels.
L’objectif était de sensibiliser les acteurs de la société civile aux enjeux du marché carbone, de recueillir leurs avis sur le documentaire, et de formuler des recommandations concrètes pour améliorer la gouvernance environnementale. Il s’agissait aussi de préparer une diffusion élargie du film et du rapport, en intégrant les retours des participants.
Le documentaire, salué pour son authenticité, a suscité un débat intense sur les risques d’accaparement des terres, le manque de transparence et l’exclusion des communautés locales dans les processus décisionnels.
Les échanges ont débouché sur plusieurs recommandations : renforcer la transparence des projets, garantir l’inclusion des communautés, responsabiliser les acteurs privés et publics, et bâtir des synergies entre société civile, institutions et bailleurs. Ces propositions seront intégrées dans la version finale du rapport et du documentaire.
La restitution de Kinshasa a été saluée comme un tournant dans le plaidoyer environnemental en RDC. Elle ouvre la voie à une projection élargie, incluant les autorités nationales, les partenaires techniques et les bailleurs de fonds.
La société civile congolaise semble désormais prête à porter un message unifié pour une gouvernance carbone plus juste, transparente et bénéfique aux communautés locales.

