Kisangani, le 14 novembre 2025 , Un atelier de trois jours s’est tenu dans la province de Tshopo, qui abrite la plus grande superficie forestière de la République démocratique du Congo (RDC). Cet atelier réuni des représentants des autorités politico-administratives et quelques organisations accompagnatrices, visait à leur fournir les outils nécessaires pour qu’ils comprennent leur rôle dans le processus d’attribution des Concessions Forestières des Communautés Locales (CFLC).
La République démocratique du Congo possède près de 60 % du bloc forestier du bassin du Congo. Ces forêts, essentielles à la biodiversité et à la régulation du climat, sont également un lieu de tensions entre protection de l’environnement, exploitation industrielle et droits coutumiers. Depuis l’adoption du Code forestier de 2002, les communautés locales et les peuples autochtones pygmées peuvent faire la demande d’attribution des CFLC afin de sécuriser leurs terres et gérer durablement les ressources. Cependant, à Tshopo, malgré l’octroi de 13 CFLC, des dizaines de demandes restent en attente dans les services administratifs.
Durant ces trois jours, les participants ont suivi des sessions sur différents thématiques notamment le sur le cadre juridique et normatif commencées par le partage d’expérience avant de prendre part à des exercices de simulation et jeu de rôle afin de maîtriser le rôle de décideurs chargés de recevoir, traiter, analyser et approuver les demandes de CFCL. Cela a permis aux autorités de se familiariser avec les procédures, d’identifier les erreurs courantes et d’envisager des stratégies pour les éviter.
Les échanges ont été nourris par les témoignages des chefs de secteurs, des administrateurs de territoire et des représentants de la société civile. Les participants ont insisté sur la nécessité de transparence et de respect des délais dans le traitement des dossiers.
Quelques supports de formation pratiques : guides illustrés, outils et textes juridiques en français et en lingala ont été partagés.
Les participants ont exprimé un engagement ferme à soutenir les communautés pendant les étapes de l’attribution.
” Nous sommes très heureux de cette formation qui nous a outillé et aidé à comprendre le modèle de la foresterie communautaire en RDC avec ses particularités notamment les caractères gratuit, perpétuel, multi usage et surtout le caractère décentralisé de ce processus qui renforce la reconnaissance des entités territoriales décentralisées que nous gérons. Ce processus appuie la collaboration entre les communautés locales et l’administration locale” a déclaré Mr JP Botomueto, Chef de secteur de Yainonge du Territoire d’Isangi.
” Nous remercions de tout coeur APEM RDC et ses partenaires pour cette formation de renforcement des capacités. Avant cette activité, je ne savais pas grand chose sur la foresterie communautaire mais pour le moment, je comprends beaucoup mieux. Ce processus permet de sécuriser nos forêts afin d’assurer une gestion communautaire durable pour améliorer nos conditions” Roger Ékili, Chef de poste de l’environnement du secteur Yawende-Lolo.
A l’issue de cet atelier qui a connu la participation active de conseillers du gouverneur et ministère provincial de l’environnement, coordination provinciale de l’environnement, chefs de secteur et leurs chefs de poste de l’environnement, les représentants des ONG impliquées, il a été recommandé qu’il y ait des formations continues et très élargies aux autres entités de la province pour accompagnement harmonieux des communautés locales et autochtones à l’attribution, gestion et exploitation des Concessions Forestières des Communautés Locales.
́” Depuis 2022, APEM RDC accompagne les communautés locales de Yawende Loolo dans le territoire Opala. Plusieurs missions de sensibilisation et cartographie participative ont été organisées. Maintenant que ces communautés sont prêtes à solliciter leur CFCL, il était important de renforcer les capacités des Autorités politico-administratives parce qu’elles ont un rôle actif à jouer dans la phase d’attribution. L’accompagnement à la foresterie communautaire doit être holistique et global c’est à dire, nous ne pouvons seulement travailler avec les communautés et oublier les administrations locales et provinciales ” a précisé le facilitateur de l’atelier, Me Willy ELUA de APEM RDC.
Organisé par APEM RDC avec l’appui technique de RFUK et le soutien financier de la fondation ARCUS, cet atelier marque une avancée significative dans l’accompagnement des communautés désireuses de solliciter leurs Concessions.
Edgar Bombole, CD de la Division Foresterie Communautaire de la Direction de Gestion Forestière, ” a conclu l’atelier par une note de satisfaction, en appelant à chaque acteur impliqué au respect de limite de leurs compétences et rôles, surtout les délais de traitement des dossiers de demandes”.
À Tshopo, les forêts ne sont plus seulement un patrimoine naturel : elles deviennent un espace de dialogue, de lutte pour les droits et la justice pour les communautés qui y vivent.

