Souffle sur la gouvernance forestière en République démocratique du Congo. Le Réseau Engagement Environnement et Droits Humains (R-EDH), en collaboration avec l’ONG APEM et Rainforest Foundation UK, a lancé le jeudi 10 juillet 2025 à Kinshasa un outil innovant d’évaluation des conformités des concessions forestières en RDC : le Portail de conformité forestière. Présenté lors d’un atelier tenu dans la salle Léon du centre CEPAS de Kinshasa/Gombe, ce portail représente une étape clé vers la transparence, la redevabilité et la gestion durable des forêts congolaises.
Dans un secteur longtemps fragilisé par le manque de transparence et le non-respect du cadre juridique et réglementaire, cette initiative apparaît comme une réponse concrète. Basé sur une analyse approfondie de documents officiels, d’études et de témoignages, le portail propose une cartographie de la conformité interactive et accessible.
Dans son mot de bienvenue, M. Joseph BOBIA, porte-parole du R-EDH, a tenu à saluer la présence des participants et à souligner l’importance de ce lancement. Il a rappelé que la conformité légale des concessions forestières repose sur des piliers essentiels tels que la bonne gouvernance et la transparence. “Nous souhaitons que les concessions soient non seulement attribuées, mais également exploitées dans le strict respect des lois“, a-t-il déclaré. Il a également souligné que de nombreuses interrogations sont souvent soulevées lors des missions de terrain, notamment sur la légalité de certaines exploitations et sur l’utilisation réelle des bois coupés. D’où, selon lui, la nécessité de recentrer le débat autour de la conformité légale de toutes les concessions forestières en RDC.
« Nous souhaitons fournir des ressources pour relever les défis de gouvernance dans ce secteur, en facilitant ou en améliorant les questions liées à l’équité et à la transparence dans l’accès à l’information », a déclaré Vittoria Moretti, chargée de plaidoyer/RFUK, en ouverture de l’atelier. Ce portail ne s’adresse pas uniquement aux gouvernements : il a été conçu à l’intention de la société civile, des chercheurs, des médias et même des communautés locales. Grâce à des interfaces simples, chacun pourra désormais évaluer la conformité des exploitants forestiers aux normes.
Le développement du portail a été mené en collaboration avec les experts de l’administration forestière nationale, notamment de la Direction de l’Aménagement et de l’Inventaire forestiers (DIAF). Il garantit ainsi la fiabilité des données. Il s’agit d’une étape nécessaire pour crédibiliser l’outil et encourager sa généralisation.
L’atelier de lancement était plus qu’une simple présentation technique. Il ouvre un véritable espace d’échange entre représentants du gouvernement, membres de la société civile, exploitants forestiers, partenaires techniques et financiers et journalistes. Tous les participants ont convergé autour d’un objectif commun : améliorer la gestion des forêts congolaises et accroître la transparence.
Les discussions ont notamment porté sur la fiscalité forestière, le respect des obligations sociales. Plusieurs participants ont salué l’initiative et présenté des recommandations concrètes pour assurer la mise à jour régulière du portail et en faire un outil de plaidoyer efficace.
À l’heure où la pression sur les forêts tropicales s’accroît, la République démocratique du Congo, deuxième plus grande forêt du monde, ne peut se permettre des exploitations illégales. Ce portail est plus qu’un simple outil technologique : il symbolise un changement de paradigme. Un changement de paradigme : progression vers une gouvernance plus inclusive, plus transparente et résolument tournée vers le développement durable.
« Ce n’est qu’un début », conclut Julien IWEWE, technicien SIG à l’ONG APEM. Néanmoins, c’est un début prometteur, porteur d’espoir pour tous ceux qui œuvrent au quotidien pour une bonne gouvernance des forêts congolaises.

