APEM RDC

Mission de sensibilisation sur la boite à image, les communautés reprennent la parole pour défendre leurs terres et leurs droits à Bafwasende.

  • Home
  • Article
  • Mission de sensibilisation sur la boite à image, les communautés reprennent la parole pour défendre leurs terres et leurs droits à Bafwasende.

Et si mieux connaître ses droits était déjà une manière de mieux protéger sa terre ? À Bafwasende, dans la province de la Tshopo, des communautés locales et des peuples autochtones pygmées renforcent leurs connaissances sur leurs droits, la gouvernance communautaire et les pratiques traditionnelles de gestion durable des ressources naturelles. Une dynamique portée par une mission de sensibilisation autour d’un outil simple, mais puissant : la boîte à images.

Du 16 au 30 mai 2026, APEM, avec l’appui du Forest Peoples Programme (FPP), a conduit une mission de présentation et de dissémination de cette boîte à images dans les villages de Bomili, Babitolo 1 et Babitolo 2. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet REDAA, consacré à la reconnaissance et à la mise en œuvre des droits des peuples autochtones afin d’améliorer la gouvernance des terres et des ressources et de contribuer à inverser la dégradation de l’environnement en RDC.

Conçue à la suite d’une recherche-action participative menée auprès de communautés de la Tshopo, la boîte à images vise à rendre plus accessibles des notions essentielles liées aux droits communautés locales, à la gouvernance des terres et aux pratiques traditionnelles de gestion durable des ressources naturelles. Elle constitue également un support destiné à renforcer l’appropriation, par les communautés, de leurs propres systèmes de gouvernance et de leurs pratiques coutumières durables.

À Bomili, plus de 30 personnes ont participé à la séance organisée, les échanges ont rapidement dépassé le cadre d’une simple présentation. Les participants ont soulevé des préoccupations concrètes liées aux activités des exploitants, notamment la destruction de cimetières, les trous laissés dans les zones exploitées et les difficultés rencontrées par les communautés pour faire respecter leurs droits.

Une question a notamment résonné avec force : que peuvent faire les communautés lorsque les exploitants refusent de répondre à leurs préoccupations ?

L’équipe d’APEM a encouragé les communautés à prendre l’initiative en formulant des recours et en sollicitant, lorsque nécessaire, l’appui des organisations de la société civile.

À Babitolo 1, près de 40 participants, parmi lesquels des femmes, des jeunes et des personnes âgées issues des peuples autochtones pygmées, ont pris part à la sensibilisation. Leur intérêt témoigne d’une volonté de mieux comprendre les contenus de la boîte à images et surtout de transmettre ces connaissances aux générations futures.

À Babitolo 2, les échanges ont porté notamment sur la gouvernance communautaire, le consentement libre, informé et préalable (CLIP), les pratiques traditionnelles de gestion durable des ressources naturelles et les droits des communautés face aux exploitants miniers.

L’approche adoptée durant toute la mission était participative et adaptée aux réalités des communautés. Une attention particulière a également été accordée à la participation des femmes autochtones, notamment sur les questions de gouvernance communautaire, de droits fonciers et d’accès aux ressources.

La mission ne s’est pas limitée aux villages. De retour à Kisangani, l’équipe a rencontré plusieurs autorités et services provinciaux, notamment les ministères de l’Environnement, de l’Intérieur et des Affaires coutumières ainsi que la Division provinciale de l’Aménagement du territoire.

Une rencontre avec différentes parties prenantes a également permis de partager une note de contribution destinée à favoriser une meilleure intégration des droits des peuples autochtones pygmées dans les réformes sectorielles. Les échanges ont mis en lumière plusieurs défis persistants : incohérences juridiques, faiblesse de l’application du CLIP, déficit institutionnel et insuffisance de coordination entre les secteurs.

Au terme de la mission, le constat est clair : la boîte à images a facilité la compréhension des droits et des mécanismes de gouvernance des terres et des ressources, tout en suscitant un réel intérêt des communautés pour l’appropriation de ces acquis.

Mais cette mission rappelle aussi qu’informer ne suffit pas. Pour que les droits deviennent une réalité, les communautés ont besoin d’un accompagnement continu et soutenu dans leur mise en œuvre.

À Bafwasende, la boîte à images n’est donc pas qu’un outil de sensibilisation. Elle ouvre un espace où les communautés peuvent apprendre, questionner, transmettre et surtout reprendre pleinement leur place dans la gouvernance de leurs terres et de leurs ressources.

Leave A Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Traduire »
Share via
Copy link