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Clôture du dialogue multipartite : Les actions prioritaires pour réconcilier conservation et droits humains

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L’atelier de dialogue multipartite sur la réforme foncière et la conservation s’est achevé ce vendredi 10 avril 2026 à Kinshasa. Au terme de deux journées d’échanges intenses, les participants ont scellé un consensus fort : aucune réforme ne pourra désormais réussir sans la sécurisation préalable des droits des peuples autochtones et pygmées.

Réunis dans la salle Kahuzi Biega, les délégués de l’administration publique, de la société civile et des partenaires techniques ont dressé un constat sur l’état des réformes en République Démocratique du Congo. Bien que des avancées soient notées, l’assemblée a pointé du doigt plusieurs zones d’ombre critiques :

  • Un manque de coordination : L’absence d’une synergie intersectorielle entre les réformes de la forêt, du foncier et de l’aménagement du territoire.
  • La sécurité foncière oubliée : Le constat que les décisions d’affectation des terres et de conservation ne sont pas encore précédées par une sécurisation des droits coutumiers.
  • Un CLIP encore fragile : Le Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) n’est pas encore devenu une exigence juridique transversale dans tous les secteurs.

Les recommandations phares avec un  agenda pour l’action

Pour l’APEM et l’ensemble des parties prenantes, ce communiqué final constitue une feuille de route exigeante adressée au gouvernement. Parmi les recommandations prioritaires figurent :

  1. La priorité au droit coutumier : Faire de la sécurisation des terres des peuples autochtones et pygmées une condition préalable à toute décision d’investissement ou de conservation.
  2. L’urgence législative : Accélérer l’adoption des mesures d’application n° 22/030 du 15 juillet 2022 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées et la réforme foncière à travers la loi n° 25/062 du 30 décembre 2025 portant modification de la loi n°73/021 du 20 juillet 1973 portant régime général des biens.
  3. Le cas du dossier PNKB : Un appel pressant a été lancé à l’ICCN et à WCS pour accélérer la mise en œuvre de la décision relative aux Batwa du Parc national de Kahuzi-Biega, via un mécanisme de réparation et de cogestion indépendant et transparent.
  4. Une participation inclusive : Renforcer le pouvoir décisionnel des femmes, des jeunes et des peuples autochtones dans la gestion des ressources naturelles.

Vers une note d’orientation stratégique

Sous le parrainage du Secrétariat Général aux Affaires coutumières, les conclusions de cet atelier ne resteront pas lettre morte. Une note d’orientation finale sera officiellement transmise aux autorités compétentes.

Ce document portera la voix unifiée des organisations de la société civile et des communautés locales, avec l’ambition de transformer la gestion des forêts congolaises en un modèle de justice sociale où la protection de la biodiversité rime enfin avec respect de la dignité humaine.

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