À Kinshasa, un atelier crucial s’est ouvert ce jeudi 9 avril 2026. Sous l’impulsion de l’organisation l’ONG Actions pour la Promotion et Protection des Peuples et Espèces Menacées (APEM) et de ses partenaires, l’État et la société civile s’asseyent à la même table pour réconcilier les réformes de conservation avec les droits traditionnels des premiers gardiens de la forêt. Les échanges se déroulent à Kinshasa. L’activité se tient sur deux journées intenses, les 9 et 10 avril 2026.
Le Secrétariat Général aux Affaires Coutumières, en collaboration étroite avec l’ONG Actions pour la Promotion et Protection des Peuples et Espèces Menacées (APEM) et le Forest Peoples Programme (FPP), réunit plusieurs catégories des personnes . avec un panel diversifié rassemble des délégués de plusieurs ministères (Intérieur, Environnement, Aménagement du territoire, Affaires foncières), La Commission Nationale de Droits de l’Homme, la Division de la Foresterie Communautaire ainsi que les représentants de la société civile et des organisations de peuples autochtones.
Il s’agit d’un atelier de dialogue multipartite portant sur la réforme foncière, la conservation et les droits des peuples autochtones et pygmées. Comme objectif de l’atelier: analyser les incohérences entre les nouvelles lois sectorielles et de la loi n° 22/030 du 15 juillet 2022 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées. L’objectif final est de produire une note de contribution juridique et politique consolidée pour ajuster les textes en vigueur.
Malgré des avancées législatives, des “contradictions juridiques et institutionnelles” persistent. Ces zones d’ombre exposent les communautés à des violations de leurs droits, notamment l’accès à leurs terres ancestrales. Le cas emblématique des populations Batwa du Parc National de Kahuzi Biega (PNKB) sert ici de fil conducteur pour discuter de réparation, de justice et de garanties de non-répétition.
Grâce à une méthodologie participative, l’APEM ne se contente pas d’organiser ; elle apporte une expertise technique rigoureuse. L’organisation présente des analyses juridiques concrètes et facilite des “travaux en carrefour”. Les petits groupes de réflexion permettent aux experts de confronter leurs visions pour proposer des amendements législatifs très précis.
Pour l’APEM, ce dialogue est bien plus qu’une simple réunion technique. C’est une étape de plaidoyer essentielle pour que la conservation de la nature en RDC ne se fasse plus au détriment de ceux qui y vivent depuis des millénaires.
En pilotant la rédaction de la note de contribution, l’APEM s’assure que les voix des villages de Tshopo, de Mai-Ndombe ou du Kivu ne soient pas oubliées dans les bureaux administratifs de la capitale Kinshasa. L’organisation mise sur le Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) comme rempart contre les abus, transformant ainsi les réformes juridiques en véritables outils de paix sociale et de développement local.
L’atelier se clôturera ce vendredi par la validation des orientations finales, marquant un nouveau chapitre pour la gouvernance foncière et forestière en République Démocratique du Congo.

