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Réseau EDH : Une mobilisation stratégique à Kinshasa pour concilier l’environnement aux droits humains

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À Kinshasa, le 19 mai 2026, il s’est tenu dans les bureaux de l’ONG APEM la grande réunion du Réseau Engagement Environnement et Droits Humains (REDDH), qui a réuni ses membres pour des grandes concertations et définir les actions concrètes pour l’année 2026. Cette réunion a connu des échanges intenses et constructifs. L’objectif général était de coordonner et renforcer la stratégie d’intervention collective des membres à travers le partage d’informations clés sur les enjeux liés au climat (London Climate Week, CBFP, DLA Piper), à l’exploitation minière, aux hydrocarbures, au Couloir Vert Kivu-Kinshasa ainsi qu’aux réformes en cours (forestière, conservation de la nature, foncière, aménagement du territoire, etc.), en vue de définir des priorités à court terme pour les prochaines mobilisations.

La journée a été ouverte par le mot de bienvenue du Coordonnateur national de l’ONG APEM, Me Blaise MUDODOSI. Il a présenté la réunion du Grand Groupe comme une occasion de poursuivre l’élan pris en début d’année, de mettre à jour les informations sur les réformes, mais également d’approfondir la réflexion autour de certaines priorités de plaidoyer, tout en renforçant les synergies entre les membres.

Aujourd’hui, il est question d’aller sur des sujets plus précis en se basant sur les enjeux, parce que le contexte dans lequel nous sommes impose beaucoup d’initiatives au niveau des réformes. Le Réseau se doit donc de définir les priorités de son plan d’action pour l’année 2026.

« Il y’a certains faits sur terrain qui ne peuvent nous laisser indifférents, notamment au niveau de l’exploitation industrielle du bois, il y a eu cas de décès, des blessures et des arrestations des défenseurs de l’environnement. » Souligne-t-il.

Depuis sa création, le R-EDH s’est imposé comme un bouclier indispensable pour la défense des forêts congolaises et des droits des communautés locales et peuples autochtones pygmées. Aujourd’hui, face à la multiplication des projets (comme le développement du Couloir Vert Kivu-Kinshasa), de l’exploitation forestière souvent illégale, et à la ruée vers les minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale,  ce réseau est une union des forces des défenseurs des droits humains et environnementales pour prévenir les impacts négatifs que tout cela peut avoir sur les forêts et les populations.

Les membres du réseau ont entamé la journée par le partage d’informations cruciales sur l’évolution des réformes dans les secteurs des mines, des hydrocarbures, de la conservation de la nature et de l’aménagement du territoire et sur la semaine d’action qui sera organisé à Londres au cours duquel certains membres du Réseau compte prendre part active avec un message clair porté sur l’exploitation industrielle illégale et la protection des défenseurs de l’environnement.

Le cœur de cette réunion a été consacré à la définition d’actions concrètes. Il a été cruciale  pour les participants de constater l’urgence d’un plaidoyer commun face aux menaces qui pèsent sur les communautés locales.

Quelques stratégies ont été élaborées à l’issue des discussions structurées autour des travaux en carrefours et des sessions de partage qui se sont focalisées sur des leviers d’action prioritaires suivants :

  • Sur le Couloir Vert Kivu-Kinshasa (CVKK) :

– La nécessité et l’urgence d’avoir les  outils préalables à la gestion du CVKK  prévus par le Décret notamment le CLIP, le mécanisme de gestion de plainte ;

– Reprendre les portes à portes c’est-à-dire, les entretiens bilatéral avec l’ICCN, Fondation Virunga, l’actuel Conseiller Spécial du Président de la République en charge du CVKK, le MEDD- NEC pour faire le suivi des recommandations de l’atelier tenu l’année passée ;

– Faire la cartographie des autorités qui interviennent dans ce projet et leurs compétences (rôles) afin d’éviter des éventuels conflit de compétences qui pourraient s’observer dans la mise en œuvre des projets dans le CVKK.

  • L’exploitation illégale du bois d’œuvre (avec cas répétitifs), et droits humains:

Les actions à mener face à l’exploitation illégale des bois :

Pour la société  Booming-Green/Yahuma :

  • Organiser une réunion entre le Réseau EDH et ses alliés de Kisangani pour obtenir une libération de Mr Muzuri

Pour La Société  Booming green Mongala

  • La constitution d’une équipe pour documenter et monitorer les faits ;
  • Faire une déclaration pour condamner les actes odieux (destruction des biens sociaux environnementaux, Non-respect des limites géographiques concédées, Les arrestations arbitraires) ;
  • Solliciter l’appui des partenaires financier ;
  • Rendre public les actions des entreprises de l’exploitation forestière ;

A la Société COKIBAFODE/Equateur Bolomba :

  • Documenter tous les rapports de monitoring et de revus légales et préparer des documents de plaidoyer pour soutenir les décisions proposées par ces rapports ;
  • Obtenir l’appui de PTF pour accompagner les actions de plaidoyer des R-EDH ;
  • Encourager le système d’alerte pour les cas des violations des droits des CLPAP ( Non-respect de processus d’attribution des concessions forestières, Non-respect d’enquête publique, Opacité des clauses sociales du cahier des charges) ;
  • Soutenir les missions de l’observation indépendante dans le suivi des activités de l’exploitation forestière.
  • La réforme forestière :

– Harmoniser les initiatives de la société civile pour une participation coordonnée et efficace dans la reforme ;

– Améliorer le draft du code forestier que l’administration a proposé ;

Cette journée de travail ne s’est pas limitée seulement aux constats. Par contre, les participants fait des propositions concrètes d’actions qui constituent les priorités pour les prochains mois.

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